enchères de malin

Bonjour,
je me nomme Batistin et suis artiste peintre. J’habite la charmante commune de Lanton(33) sur le Bassin d’Arcachon. Chaque Téléthon est l’occasion ,triste et joyeuse occasion, de nous réunir, nous les Lantonnais. La tristesse quand nous pensons aux malades, la joie quand, toutes et tous réunis, nous trouvons la force simple de supporter nos vies dans le regard d’un de ceux -ci.
Le courage, voilà bien ce qui nous fait peut-être un peu honte. Le courage de sans cesse combattre, se combattre, pour s’améliorer. Certains d’entre les valides ont, chaque année, en cachette, envié pour quelques heures le sort des malmenés. Tous peut-être et toutes, oui, nous vous avons envié, vous amis ayant à subir ce qui semble pourtant une injustice des dieux. N’avez-vous pas comme certitude ce que tant ont perdu: le sens indéfectible de la préciosité de la vie? Quand nous mettons toute notre énergie commune à la destruction. …
Nous revoilà donc à nouveau réunis pour collecter l’argent nécessaire à la lutte contre l’injustice et les souffrances. Armés de nos bons sentiments citoyens et humanistes, nous offrons chacun ce que nous pouvons. J’offre pour ma part, comme malheureusement chaque année, un de mes tableaux.
Ce que je ne savais pas, c’est que je l’offrais en pâture . Oui en pâture à un personnage particulier, qui surgit chaque année à la vente aux enchères aux bénéfices du téléthon. Bien sûr ce n’est jamais vraiment le même, mais, cet un être fantomatique et fuyant qui habite chaque surenchérisseur gagnant. C’est le gentil petit monstre hypocrite aux sourires d’humilité bien calculés de celui qui vient de faire un don…
tout en faisant une bonne affaire !!!! !!!! !!!!!!
Bien sûr, les entreprises donatrice, et les artistes, les commerçants et les particuliers, les politiques et monsieur le curé, tous profitent de l’opportunité pour faire leur publicité. C’est de bonne guerre, et puisqu’il faut de l’argent , faisons marcher le commerce, soit. Mais enfin, le boucher qui accepte de mettre gratuitement en vente un beau roti de boeuf, au profit du téléthon, trouverai peut-être de mauvais goût qu’un végétarien profite de l’occasion pour bouffer de la viande… achetée qui plus est ce jour là au quart du prix de vente habituel, et avec les honneurs du gentil donateur !
Ou, comme nous le faisait remarquer Chamo, une cafetière d’occasion mise aux enchères, mériterait peut-être un autre traitement qu’une oeuvre d’art…. Quoique…?!
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Voilà pourquoi, cette année je ne participerai pas à la vente aux enchères de mon village, et mets ici en vente un tableau ” à l’ombre de la Terre”, acrylique sur chassis toilé, 100×100 cm aux prix cotation Larousse de 1100 euros. Prix sur lequel vous pouvez surenchérir. Si vous êtes le gagnant et fier donateur, vous pourrez rédiger votre chèque directement à l’ordre du téléthon et serez propriétaire du tableau. Batistin
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Maricau Bernard
l’oeuvre que je mets en vente au prix de 400 euros :
TItre : “Le peuple des herbes hautes”
Format : 80×60 cm
Support : toile coton
Media : technique mixte, huile, pigments, acrylique encres et vernis.
J’espère que nous serons de nombreux artistes à réagir de la sorte !
ATTENTION : je voudrais que les frais de livraison soient déduits du prix de vente…

Vendredi, 5 décembre, 2008 à 6:11
Bonjour Batistin,
Je partage votre opinion sur les “généreux” donateurs qui n’apparaissent que dans les ventes aux enchères organisées pour des associations caritatives. Je viens juste de vivre la même expérience avec l’une de ces ventes pour les Restos du Coeur… On ne m’y reprendra plus.
En revanche, s’il n’est pas trop tard, je serais tout à fait d’accord pour participer au téléthon à votre côté sur le blog ! Pour se faire, j’envois sur votre mail la repro d’une oeuvre et son prix sur la même base “cotation Drouot”
Amitiés.
Vendredi, 5 décembre, 2008 à 7:08
Bonjour,
tout à fait en accord avec vos propos.
j’aime beaucoup le graphisme de votre tableau et je me permets une idée: et si chaque élément qui compose cette oeuvre était sur un petit tableau séparé, le plus “offrant” pourrait partir, ou presque, avec le tout et cela mettrait du suspens dans la reconstitution du “puzzle” et même “les petits moyens” pourraient acquérir un petit Batistin !
Vendredi, 5 décembre, 2008 à 8:40
De tout coeur avec toi.
Moi je vais mettre aux enchères le déambulateur de Martre Mercadier.
Celui qui l’achète aura une Twingo gratuite.
Vive Fredinand Lope.
Vendredi, 5 décembre, 2008 à 8:54
Bonjour,
vous me faites sourire avec votre référence de cotation larousse…..quand on sait comment fonctionne ce bouquin…(un petit chèque, et hop on figure dans ce genre de bouquin….).une cotation au Akoun serait une meilleure référence il me semble car ce sont des cotations suite à des ventes faites en salle des ventes, donc plus fiables….et plus honnêtes!!
mais l’idée part d’un bon sentiment…..j’espère….
bonne journée
Vendredi, 5 décembre, 2008 à 1:11
Bonjour, à propos du “petit chèque et hop !” je suis à la fois d’accord et pas d’accord avec vous !
Tout d’abord ce dictionnaire a été créé pour lutter contre la main mise des marchands sur le marché de l’art.
Il fallait offrir la possibilité aux artistes n’ayant pas un cousin commissaire priseur ou galeriste de monayer leur travail. Donc, effectivement nous payons pour être référencé et le prix de cotation semble pouvoir être aléatoire ! Toutefois, si le prix affiché ne correspond pas à la réalité des ventes effectuées par l’artiste, à quoi sert d’afficher des prix complètement idiots ? Ces prix sont donc soumis à une réalité, la même que dans le dictionnaire Akoun. Question de choix, comme entre le petit Robert et Laroussse…
Vendredi, 5 décembre, 2008 à 11:16
Ce dictionnaire est la “suite” du Drouot Cotation qui était basé sur des ventes aux enchères ou ventes confirmées. A partir de 2005, Le commissaire qui avait en charge l’édition du Drouot Cotation a créé ce dictionnaire larousse et qui n’est plus “cautionné” par Drouot. Et depuis, sur simple adhésion, tout le monde peut y figurer en communiquant un prix qui devient une valeur de référence alors qu’il n’est qu’ un prix de vente souhaité, ce qui n’a plus rien à voir avec une cotation. Il n’est pas nécessaire d’avoir des relations pour mettre son travail en vente aux enchères. Il suffit que le travail présenté trouve acquéreur…..et ainsi avec les bordereaux de vente, on peut accéder à une cotation réelle, basée sur une demande réelle.
Quant aux marchands d’art, il en existe quelques uns qui prennent le risque d’acheter en grand nombre le travail d’un peintre ou d’un sculpteur permettant ainsi à l’artiste de poursuivre son oeuvre. On ne peut pas vu le risque pris, les condamner de faire leur travail, cad valoriser les oeuvres qu’ils ont acheter…….
Vaste débat…….
Vendredi, 5 décembre, 2008 à 11:59
Effectivement Drouot ne cautionne plus ce dictionnaire, suite au fait que la salle des ventes s’est juré, mais un peu tard… qu’on ne l’y reprendrai plus ! Un des effets de ce dictionnaire cautionné par la réputée maison Drouot, c’est que plus en plus de ventes réelles se sont faites en dehors et sans l’intervention de la salle. Mauvais calcul commercial, Drout s’est donc retirée. Il n’en reste pas moins que je trouve moins indélicat de montrer à mes futurs acheteurs une cotation dans un dictionnaire qu’une suite de factures de ventes. Ce qui serait d’ailleurs fort indélicat et indiscret.
Nous arrivons toutefois à un problème, au fond quelle est la valeur marchande d’une oeuvre ? L’art ne serait-il pas que la représentation nécessaire à une valeur marchande ? Seriez-vous rassurée sur le prix affiché d’une peinture si il vous était annoncé par… par qui finalement ! Qui, de quel droit, de quel savoir ? Les Foires internationales d’Art contemporain nous prouvent qu’elles ne sont que de grandes foires au placement boursier. Et qu’en est-il de la démarche artistique ? Nous avons régulièrement des estimations sur le marché de l’art qui se porte ou ne se porte pas bien, mais en avons nous sur la qualité de l’art ? L’art, cette action humaine commencée à ce que l’on sache dans les grottes ancestrales, l’art se porte-t-il bien ? L’humanité dans sa façon d’aborder l’art, cette part accordée au rêves, aux dieux, aux peurs, au surnaturel, à l’indicible, au magique, aux esprits des morts, à la conscience ou l’inconscience des vivants, l’humanité a-t-elle fait avancer l’art ? Que m’importe finalement, moi artiste, le prix d’une oeuvre. Sinon l’argent qui me reviendra et me donnera le temps nécessaire… à continuer à exercer mon métier. J’ai donc choisi de faire varier le prix de mes tableaux, au fil des années, selon le prix du pain, et surtout de l’endroit où je l’achète. Manou, mon travail peut valoir 1 ou 1000, peut importe, cela dépend simplement de qui me l’achète, et à quel réseau social j’appartiens.
Cela n’a que peu à voir avec une valeur objective de la qualité de mon travail.
La seule qualité réelle est … je ne sais pas, peut-être le sentiment pour l’artiste d’avoir fait des progrès techniques et spirituels au fil des années. Mais il ne s’agit pas ici de métier d’art, tel l’ébéniste, artisan lui aussi d’ailleurs sujet aux modes, aux styles, aux époques, mais nous parlons d’art. Cette chose inutile et indispensable qui nous poursuit depuis la nuit des temps. Comment pour l’artiste justifier un salaire quand son travail est si difficilement quantifiable et chiffrable ? Le sentiment artistique est aussi inexplicable sûrement que la volonté de devenir curé de campagne ! Et d’ailleurs le curé de campagne aura autant de mal que moi à justifier le marché de l’art, lui la coiffe en or massif du Pape…
Samedi, 6 décembre, 2008 à 12:22
Réponse à Viaud:
En hommage au Lope,
nous proposerons donc à notre tour de lancer sur la lune une Clio allégée…
Nous mettons ici les tickets du voyage aux enchères.
Vive Renault et ses usines, Django et ses roulottes.
Samedi, 6 décembre, 2008 à 10:40
je vous dirais qu’une seule chose: une oeuvre n’a de valeur (marchande) que lorsqu’elle trouve preneur. Toute valeur que son créateur peut y accorder ne peut être objective, car…….etc….etc…..
c’est seulement pour cela que les références à qq bouquin que ce soit, ça me fait sourire. C’est tout.
Et à vous lire, je crois que nous sommes en accord.
Bonne continuation et bonnes enchères…
Dimanche, 7 décembre, 2008 à 12:17
Je ne sais si nous sommes “en accord” après si peu de mots échangés, mais vous arrivez à une conclusion amusante: l’artiste ne peut choisir le prix de vente et les références aux dictionnaires vous font sourire…
Ce charmant épilogue complètement fermé a au moins pour avantage de dévoiler votre sentiment sur le marché de l’art, à moins que ce ne soit, ce serait moins drôle, sur les artistes…
Envisagez-vous avec le même humour les intérêts banquiers, le prix horaire de la main d’oeuvre de votre garagiste ou le prix du lait ?
Mardi, 9 décembre, 2008 à 12:20
oui, j’ai le même humour sur tout ce qui concerne notre chère société et ses problèmes ou ses difficultés à y vivre. Et vous ne vous trompez pas sur mon sentiment sur le marché de l’art…..
“Peu vous importe le prix d’une oeuvre sinon celui qui vous permet de continuer à exercer”. OK, mais alors pourquoi justifier votre mise à prix en faisant référence à un bouquin? Vous, artiste libre , indépendant et critique, vous vous raccrochez au système! C’est cela que je trouve contradictoire et qui me fait sourire….et je n’ai jamais dit que l’artiste ne pouvait pas choisir son prix de vente, au contraire! S’il trouve des acheteurs, c’est que son travail est reconnu.
Mercredi, 10 décembre, 2008 à 8:06
Je vous proposerai donc, au titre de ma liberté, d’échanger un de mes tableaux, si un vous plaît, contre une marchandise consommable ou pas de valeur équivalente…
Ce qui mettra en valeur et en échelle la place que vous accordez à l’art dans notre système de société. Et me renseignera sur le prix que vous accordez à mon travail…